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Road trip par Nochapiq à la Joyce Gallery

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Du 24 février au 7 mars, la Joyce Gallery présente pour la première fois Nochapiq à Paris avec l’exposition Road Trip. En marge de ses activités dans l’univers du luxe, de la mode, de la beauté, Noémie Chaillet-Piquand a fait son coming out artistique. En 2018, à l’âge de 44 ans, la créatrice, inventrice, designer et styliste est devenue Nochapiq. Une signature que l’artiste revendique, assume et pose désormais sur des objets du quotidien enrubannés, des pièces de mobilier ébouriffées, des pavés parisiens parés de couleurs… Sa matière de prédilection : le bolduc de maisons de luxe. Un certain regard sur l’art et notre société.

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« EMBOLDUQUER » : Ce néologisme s’est imposé, dès 2018, dans le vocabulaire de Nochapiq. C’est ainsi qu’elle a baptisé le process qui consiste à « gainer façon sellier », lorsqu’elle enrubanne une pièce. Sur chaque bolduc, elle pose de l’adhésif double-face ajusté à la taille du ruban. Puis, avec cette nouvelle matière première, elle recouvre au plus près chaque objet sélectionné.

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Performance. En 2018, telle une urgence, une évidence, Nochapiq quitte Paris pour New York pour créer hors les murs. Là, dans un studio du sud de Manhattan, pendant 9 jours et 9 nuits, quasiment sans dormir, elle embolduque une centaine d’objets, qu’elle va ensuite exposer à l’air libre dans les rues new-yorkaises. Elle les transporte dans un sac de sport pour les soumettre tels quels, bruts, à même le bitume, au regard des passants, de Central Park à Soho, du Brooklyn Bridge à Wall Street. Après l’emballage, c’est le grand déballage ! Une performance immortalisée dans 10 vidéos. Son sprint créatif new-yorkais se clôture par la conception d’un Cœur, composé des objets embolduqués durant ce séjour, que Nochapiq réalise le 5 novembre 2018, quelques heures avant d’embarquer à l’aéroport JFK pour rejoindre Paris.

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« J’emballais, je m’emballais… » C’est comme ça que Nochapiq résume la période qui va suivre, une fois de retour à Paris. Au total, entre le 29 septembre et le 18 décembre 2018, l’artiste a créé plus de 700 pièces d’une traite, assorties de quelque 200 vidéos tournées à New York et Paris. Cuillères, fourchettes, pipes, brosses à dents, appareils photo, sucettes, marteaux, bracelets, prises électriques, souris d’ordi… tout y est passé ! Tout s’est paré de rubans Dior, Chanel, Hermès, Gucci, Lanvin, Yves Saint Laurent… « Avec ce travail sur le corps et l’esprit, l’enveloppe et son contenant, le visible devient invisible et vice-versa. » Une prouesse aux allures de pulsion, que Nochapiq va montrer à grand renfort de photos, vidéos « pastilles », vidéos « reverse » (réalisées avec la complicité de son assistante Clémence Lucchini) postées sur ses comptes LinkedIn et Instagram. Elle ose, elle s’expose : le « road trip » continue.

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En plus des objets de la vie quotidienne, Nochapiq se met à enrubanner des « objets à haute valeur symbolique », à l’instar d’un fer à cheval, d’un crucifix, de dollars ou d’un pistolet à plomb. « Là, nous sommes aux frontières du politiquement incorrect », reconnaît celle qui se sent proche du pop art et du surréalisme. Elle remplace aussi ponctuellement le bolduc par des rubans adhésifs Supreme noire, Supreme rouge, imprimé panthère, imprimé zèbre, Crime scene, Do not cross, Fragile…

NOCHAPIQ - phot BRUNO COMTESSE - 4

Noémie Chaillet Piquant. Née en 1974 et cadette d’une fratrie de huit enfants, elle a grandi à Paris. Collégienne à Janson-de-Sailly, puis à Molière, lycéenne à Duruy, elle décroche son bac à 16 ans à Fénelon. Les études ? Elle a tout appris sur le terrain… A la télévision et la radio, puis à la communication d’Hermès. A 24 ans, elle surprend en passant un CAP sellerie-maroquinerie à Ferrandi. Pendant un an, elle apprend à travailler le cuir : elle s’exerce à couper, parer, refendre, coudre et astiquer. Simultanément, elle invente un stratifié de cuir : ce sera son premier brevet et le futur cuir vibrato. Une fois son CAP en poche, elle rejoint les ateliers Hermès, à Pantin, où elle a « son » espace, aux allures de laboratoire d’expérimentations, et se voit confier une « mission inventive », ciblée sur les nouveaux matériaux et les accessoires de mode. Là, elle développe le cuir vibrato et conçoit le cuir dwich. Aspect mille-feuille multicolore pour le premier, relief gaufré pour le second : la « méthode Chaillet-Piquand » se pose, s’impose, bouscule les codes. Depuis 2015, Noémie Chaillet-Piquand collabore à nouveau avec Hermès à Paris, comme styliste et consultante. Elle travaille aussi pour les laboratoires L’Oréal à New York, pour de nombreuses inventions et missions de design.

Road Trip par Nochapiq

Du 24 février au 7 mars

Vernissage 24 février de 18h30 à 20H30

Joyce Gallery

168 Galerie de Valois

Jardin du Palais Royal

Instagram Nochapiq