duendepr.com actualité Didier Fiúza Faustino “My crafts” Galerie Michel Rein jusqu’au 17 décembre

Didier Fiúza Faustino “My crafts” Galerie Michel Rein jusqu’au 17 décembre

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Jusqu’au 17 décembre prochain, la galerie Michel Rein consacre un troisième solo show à Didier Fiuza Faustino qui travaille depuis la fin des années 90 à la frontière de l’art et de l’architecture, entre espace et sculpture. C’est très précisément d’assises incertaines et de commodités empêchées dont traite l’exposition MY CRAFTS. Dix pièces, réalisées ces seize dernières années, qu’on peine à désigner comme des « chaises » tant celles-ci malmènent, non seulement les corps, mais aussi et surtout les catégories établies par les théoriciens du design et autres spécialistes des arts décoratifs. Dix pièces à considérer davantage comme des jalons dans l’œuvre de Faustino, des formations apparues lors de ses recherches spatiales puis intégrées à telle installation ou associées à tel chantier.

[FAUSTINO] My_Crafts-11©Florian_Kleinefenn

Depuis 2000, Didier Fiúza Faustino est l’architecte qui retourne la réalité pour exposer l’intime au regard du monde. Un habitacle pour corps fragile lancé dans un transit migratoire périlleux, un micro-terrain de basket perché dans le vide au bout d’un escalier sculptural ou un immeuble de trois étages pour un seul habitant posé sur un minuscule mètre carré au cœur des villes les plus chères du monde. Faustino met en scène la solitude face à la multitude pour magnifier le besoin de collectif. Il bâtit pour, et autour du corps afin d’exposer son vrai sujet : le corps social avec lequel il faut interagir coûte que coûte.

[FAUSTINO] My_Crafts-01©Florian_Kleinefenn

Didier Fiúza Faustino porte donc l’intime à une dimension monumentale, le dévoile par des systèmes architecturaux qui le magnifient et se débarrassent des parois. On se souvient de sa maison/salle-de-bain pensée pour Fabrice Hyber où les invités étaient engagés à vivre, se doucher et assouvir collectivement leurs besoins les plus intimes. Des flux d’utilisateurs, de population, de désirs, de paroles ; des flux collectifs que Faustino organise, favorise ; les corps se frôlent, les esprits se rencontrent. Son futur centre culturel à Mexico, qui sera inauguré fin 2018, cassera les codes de la bibliothèque pour inventer un accès libre aux livres, sans entrée ni sortie.

[FAUSTINO] My_Crafts-03©Florian_Kleinefenn

Une pratique physique, sociale et explosive résumée toute entière dans « This is not a love song », un éclat de bâtiment pensé pour accueillir la prise de parole dans la ville : « Aujourd’hui ce n’est plus seulement le corps physique qui doit regagner l’architecture, mais aussi le corps social. Le triomphe de l’architecture comme sujet imposé doit prendre fin. « This is not a love song » est une sculpture-événement, une architecture minimale qui cadre un espace en attente de corps. »

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Une intimité des corps que Didier Fiúza Faustino expérimente également avec ses célèbres assises à l’ergonomie contrariante. Des assises réunies aujourd’hui dans une exposition personnelle à la Galerie Michel Rein jusqu’au 17 décembre.

[FAUSTINO] My_Crafts-04©Florian_Kleinefenn

Crédits photos Florian Kleinefenn

Didier Fiúza Faustino ” My crafts”

jusqu’au 17 décembre

Galerie Michel Rein

42 rue de Turenne

75003 PARIS

michelrein.com

didierfaustino.com