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Dead Zone par Didier Faustino

Pour répondre à l’invitation du Design Project Room, Didier Fiuza Faustino propose Dead Zone. Prémonition inspirée par le roman de Stephen King et par le film de Cronenberg, l’exposition présente des travaux récents, tous liés à l’habitat et qui mettent en abîme le concept traditionnel de domesticité. Une exposition réalisée avec la participation des étudiant-e-s du Master Espaces et communication, sous la direction d’Alexandra Midal et de Mathieu Bassée.

On devrait pouvoir lire le travail de Didier Fiuza Faustino d’après son intérêt et ses clins d’œil fréquents portés au cinéma américain dans les titres de ses œuvres et de ses expositions. Pour le Design Project Room, il livre une Dead Zone, un espace qui se réfère au film éponyme de David Cronenberg (1983) qui relate, suite au réveil du personnage principal après 5 ans de coma, les conséquences de ses perceptions et autres précognitions. Mais si le récit joue un rôle prépondérant dans le travail de Faustino, c’est à la rencontre entre design, art et architecture, via la culture populaire – constamment liée à l’environnement et à la ville – que se joue cette Dead Zone. Elle sert ici de point de départ à une aventure agissant directement sur le comportement affectif des spectateurs.

Ouvrant l’exposition par une tête découpée et assemblée à partir de la moquette du Design Project Room, Faustino invite le spectateur à réfléchir au caractère éphémère de l’existence et des choses. À cette vanité très domestique répond la mélancolie sociale et émotionnelle de la culture contemporaine, contrebalancée par des œuvres jouant avec une forme d’érotisation crue du réel. On y croise donc Scramble Suit qui s’appuie sur le roman High Rise de J.G. Ballard et propose de retourner à l’habitat sauvage. Réalisé à partir de tôles en aluminiums trouvées dans la rue, cet assemblage low-tech dessine une zone de rencontre croisée des genres. On y découvre aussi Just for Glory, un hamac en caoutchouc noir transpercé. Il s’offre à un libertinage sans fard ni séduction d’un sexe sans nom ni visage qui s’invite et s’abandonne. L’espace central est occupé par un tableau blanc posé à même le mur et dont les mots effondrés Fairy Tales Falls forment l’épitaphe. Cette sentence, centrale à la lecture de l’exposition, déclare la fin des contes de fées et autres bluettes, au profit de la dystopie ou utopie négative. Semblable hécatombe joue autant avec les vanités qu’avec la dimension de l’architecture du délabrement et de la décrépitude, avec l’anarchitecture où le dernier refuge est détruit de l’intérieur et se rapproche ainsi de l’attitude esthétique et morale du dandy.

L’ambiance mélancolique, associée au flâneur et au dandy perdu dans la démesure de la métropole chaotique, est le fil rouge de Dead Zone. Elle trouve son ultime résonance avec Temps sauvage et incertain, une assise apparemment instable. C’est sur ce mode que Didier Fiuza Faustino pose les fondations d’un territoire en crise qu’il est nécessaire de se réapproprier en repoussant la frontière du privé et du public.

Commissaire : Alexandra Midal

Oeuvre exposée :
Mehr Licht, 2012, douille en porcelaine, câble en acier inoxydable et ampoule, 12,5 x 16,5 x 20 cm

Crédit photo : R.Mueller


« Dead Zone », exposition personnelle, du 6 Avril au 19 Mai 2012
Exposition prolongée jusqu’au 2 juin 2012
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