duendepr.com actualité Scénographie Biennale St Etienne par François Bauchet et Benjamin Graindorge

Scénographie Biennale St Etienne par François Bauchet et Benjamin Graindorge


Retour sur la scénographie de la dernière Biennale de St Etienne par François Bauchet et Benjamin Graindorge à l’heure d’un bilan toujours plus qualitatif pour cet événement culturel design unique au monde piloté cette année par Constance Rubini. Une profusion de point de vue sur une pratique aussi insaisissable qu’omniprésente que les scénographes se sont attachés à rendre limpide. Ce qui n’était pas la moindre des performances !

Nous avons voulu rendre les espaces clairs, afin que chaque exposition ait une identité marquée et singulière comme l’étaient les points de vue des commissaires. Nous voulions donc une différence formelle forte, que les espaces s’opposent et se répondent dans l’ensemble de la biennale, et entrent finalement en résonance pour raconter ce que pourrait être les nombreuses facettes de la pratique du design

Des espaces scénographiques qui jouaient avec le lieu comme la toute nouvelle platine avec l’exposition Ville mobile par Constance Rubini, construite comme un décor de cinéma : “A l’extérieur on ne perçoit que l’envers du décor à l’état brut, de l’intérieur tout change; tout est tiré au cordeau, calé au millimètre. Une opposition scénographique entre les murs qui présentent les informations, qui sont une représentation de la ville efficace et rationnelle, et le centre qui par une sculpture vidéo présente une vision plus abstraite et sensible de la vie dans la ville. Comme un quartier d’affaire pourrait s’opposer à une place de marché.

Dans l’ancienne manufacture certaines expositions comme Process par Designers + (photo ci-dessus) ou Prédiction de Benjamin Loyauté sont cernées par des enceintes plus ou moins poreuses et semblent flotter dans le bâtiment. Prédiction est bâtie comme une cité antique, un village retranché au parti pris noir et brutal dans lequel le visiteur déambule pour découvrir des projets révélés par un éclairage en douche.

Tandis que pour Process par l’association Collectif Designer + qui traite du design associé à l’entreprise,  “Nous avons donc repris les codes d’efficacité de l’atelier et de la chaîne de production pour dessiner une scénographie composé d’établis s’adaptant aux objets présentés. Le lieu est cerné par un rideau de soudeur qui semble flotter entre deux eaux et qui enferme cette exposition dans un environnement de travail et de geste répété.

Le cheminement parfaitement fluide était ainsi organisé pour que le visiteur plongé dans des univers très différents repère clairement la diversité des propos. L’ensemble tournant autour d’espace de repos et de discutions comme le café cousu ou la librairie placés dans la cour centrale hors billetterie pour faciliter les rencontres.

Pour Demain c’est aujourd’hui de Claire Fayolle qui explore la prospective industriel, “un univers où tout semble parfait et maîtrisé, le maître mot était propre. L’éclairage très travaillé de cet espace architecturé de panneaux simples y participe, nous avons une lumière indirecte qui unifie et fait flotter l’ensemble de cette exposition et de nombreux spots viennent rehausser la sélection du commissaire. Chaque modules est unique et surtout très spécifiquement dessiné pour la pièce qu’il présente. Même les dalles posées au sol étaient là pour aspirer le son et rendre cet espace aussi parfait qu’une modélisation 3D”

Pour Lumière)s(, le commissaire Felipe Ribon voulait des “planètes” pour chaque espace, ” Nous avons dessiné des volières démesurées en fer à béton parfois recouvert de coton gratté pour isoler la lumière des parasites. L’exposition ressemble à une ébauche de ville, comme une représentation physique d’un fichier numérique et filaire d’architecte; un squelette sans sa peau.”

Crédits Photos Studio Caterin